PARTIR, C’EST MOURIR UN PEU …

Posted on septembre 5, 2015

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Yellow fiat

Mon ami  »CaptainHaka » écrit sur son blog :

 » A une époque où la moindre image de chaton maltraité mobilise des millions d’abrutis sur les réseaux dits sociaux en France, celle de l’enfant mort sur la plage a été soigneusement oubliée par les médias français, laissant seuls les journaux européens faire le boulot : informer, sensibiliser et dénoncer. »

« Oui …L’Obs rappelle avec pertinence l’engagement de Mendès France sur la question des boat people… et la lâcheté prêtée à Giscard d’Estaing dont on ne rappelle pas que l’épouse a été, l’une des premières, engagée dans la construction moderne des Droits de l’enfant au sein de la Fondation pour l’enfance ! L’intelligence est certes émotionnelle, mais l’émotion aveugle souvent celle des observateurs de la vie politique.

Ici, S’agissant de migrants kurdes arrivant de Kobané et mourant noyés sur une plage turque où ils auraient transité pour la Grèce, je me demande si les enjeux diplomatiques nous permettent d’avoir en main tous les éléments de nature à nous forger une opinion sûre, sur la discrétion que mon ami relève.
J’ajoute, s’agissant de l’image de cet enfant noyé resté photogénique – ce qui ne semble pas avoir été le cas de son frère de 5 ans dont personne n’a retenu ni l’image ni le nom ! – que je suis pour ma part outrée qu’elle ait pu être publiée sans autorisation du père, orphelin de son épouse et de leurs deux petits gamins, et publiée, de plus fort, par une femme photographe en âge d’être mère.
J’ai une naïveté dont je suis fière et qui me permet de penser que dans leur grande majorité, les responsables de publication français sont  imprégnés de leur règles déontologiques et tiennent  compte de notre B à Bâ : en France, l’article 9 du code civil est ainsi libellé :

 »Chacun a droit au respect de sa vie privée ». Le droit à l’image est un droit de la personnalité et découle de ce texte. L’image d’un mourant ou d’un mort est donc  protégée.
Qu’on ne dise pas  » Oui, mais ici, publier l’image serait pour la bonne cause !  » Il n’y a pas de bonne cause. L’article 16 énonce : »La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. »
Et l’article 16-1 ajoute : »Le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort ».

Mon ami pourrait me dire :  » Tu nous emm… avec tes articles quand le problème humain est majeur et la problématique politique dangereusement brûlante ! »
Je lui rétorquerais tranquillement que mes articles énoncent nos droits et libertés fondamentaux auxquels je sais qu’il est, ni plus ni moins que moi, attaché et que ce sont eux que les migrants, avec la paix viennent chez nous, chercher !

Que l’opinion s’enflamme ou non, la France et l’UE sont depuis de nombreux mois au travail sur la révision du droit asilaire ! La réforme date en France du 29 juillet 2015 !

La réforme du droit européen DUBLIN III qui fait obstacle à  »l’asilum shoping », laisse peser sur les pays qui bordent l’espace Schengen et sont proches de pays en crise ou en guerre, un fardeau trop lourd. En ce sens, DUBLIN III n’a pas atteint ses objectifs, prêtant le flanc à des Pays peu enclins à accueillir des réfugiés, à suspendre l’application du Règlement et fermer leurs frontières : d’où la question aiguë de la  »répartition » des réfugiés entre les États membres, sans pour autant qu’elle soit une réponse toujours pertinente.

En effet, de l’aveu même du père orphelin de sa famille, il voulait demander l’asile non en Europe mais au Canada. Il entendait donc transiter par un pays d’Europe sans les titres pour cela alors qu’il avait de l’argent pour voyager. Les bras des autorités consulaires des pays en crise devraient rester jusqu’au bout plus accueillants que celle des passeurs, puisque toute personne a le droit de quitter son pays… C’est cela que la communauté internationale me semble devoir très vite réformer !

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