MJS d’arrière garde ?

Posted on décembre 30, 2015

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J’ai lu le communiqué du MJS sur son opposition au projet de loi constitutionnelle relatif à l’état d’urgence et à la déchéance de nationalité des auteurs d’attentats terroristes français nés de parents étrangers en France et qui ont acquis la nationalité française à leur majorité.

Son opposition ne m’a pas trop étonnée … puisque tout au moins dans mon esprit, le MJS reste proche de la ligne Benoit Hamon, « frondeur » notoire non reconduit dans le Gouvernement Valls II et hostile au 1er Ministre et à François Hollande.

Pour moi, il est bien dommage que les Mouvements sensés participer à l’émancipation de la jeunesse, restent à ce point pris dans leurs liens  avec leurs anciens dirigeants sans ressentir qu’ils délaissent leur objet véritable et abandonnent des jeunes plus démunis qui auraient besoin d’accéder à une culture politique.

Il y a  un immense décalage entre les préoccupations des jeunes dans la société et ces Mouvements, que bien des jeunes apprécient comme des pistes d’entrainement au décollage politique qui ne les intéressent pas du tout.

Une jeune femme née en France de parents algériens qui m’est proche et chère, parlait de moi à un tiers au téléphone et lui dit :  » Elle est française ».

Quand elle a raccroché, je n’ai pu m’empêcher de  réagir :  « C’est vrai, je suis française et très fière de l’être mais pourquoi m’as-tu présentée comme ça ? N’es-tu pas française ? »
– Non, mais vous formalisez pas, j’ai dit ça, parce que cette personne est  « arabe » comme moi  ! …

Voilà ! …C’est la génération « jus soli » ! …

Elle, elle a un cerveau entre les oreilles, elle a beaucoup tâtonné mais a fini par trouver un bon job pour sa formation universitaire en alternance … Mais sa réalité, c’est quand même que la française, c’est moi et qu’elle, elle est d’abord « arabe » avant d’être française !

Est-ce que je suis « arlésienne » avant d’être française ? Non ! C’est l’inverse … Je suis d’abord française … et après, mon coeur court dans les champs d’oliviers, jusqu’à la mer !

François de Singly nous explique que pour qu’une famille existe, il faut un « mythe fondateur ».

L’histoire d’Albert Camus nous le confirme : si M. Germain a pu être un père de substitution pour Albert Camus, c’est en respectant la place symbolique du père  mort, en se rendant responsable pour lui de l’enfant leur relation reposant sur le   « mythe fondateur de la guerre » pour aller vers la vie. Il n’a  pas « désavoué » le père absent il s’en est fait le messager  pour ressouder la chaîne brisée de la succession des générations et conduire au savoir, à l’autonomie – et au plus brillant avenir –  l’enfant orphelin.

Comme le dit Alice, dans « Alice et autres merveilles » que je viens de voir à l’instant au théâtre de la Ville : « Qu’est-ce qu’un mythe ? » C’est un trou dans le tissu … Tout le monde éclate de rire !
Car cette réponse est une « inversion » : un mythe est ce qui répare le trou créé par l’arrachement à une culture, dans le tissu « généalogique » [au sens où l’entend Pierre LEGENDRE*]

Notre société doit choisir,  car attribuer « automatiquement » à leur majorité, la nationalité française aux enfants né en France de  parents étrangers, les  lèse de l’éducation à la citoyenneté à laquelle ils ont droit pour que leur « adoption » réussisse.

Ou bien, elle se désintéresse des spécificités des enfants nés en France de  parents étrangers en se cachant derrière une égalité de façade ce  que ces  jeunes ressentent totalement.

Ou bien elle assume totalement, le rôle « parental » de l’Etat et prend un par un, chaque enfant né en France de parents étrangers, pour l’inscrire, dans le respect de sa culture [« famille »] d’origine, dans la succession des générations de notre pays. Ce  n’est pas une éducation qui peut se faire « à la  louche » considérant qu’ils  sont français comme les autres enfants : considérer  cela c’est leur faire violence.

Le respect n’existe que s’il est mutuel  : un respect de la  place symbolique de chacun, loin de  toute démagogie comme celle qui, selon moi, consiste à organiser des horaires de piscine pour femmes voilées !

La reconnaissance n’est que si elle est réciproque … Et elle ne peut être « automatique ».

L’Etat  doit permettre au jeune né de  parents étrangers sur le sol français, d’élaborer son choix ou son refus de la nationalité française. Une adoption réussie ne se présume pas !  

Le MJS et les responsables du PS qui ont fait voter en force, contre  le consensus qui s’était formé,  la loi de 1998, instituant l’automatisme de l’accession à la nationalité française à leur majorité, des enfants nés en France de  parents étrangers ,  devraient se souvenir que Lionel Jospin, les écoutant, a perdu !…et que cela a plongé la France et les français dans de longues années de galère !

Quand  on est au plus près des jeunes dans la vie active, et notamment de ces jeunes français « jus soli », on voit  leurs contradictions et leurs efforts,comment ils sont notés si sec qu’on pense à un délire, comment ils sont fragilisés et comment leur université est traversée par des activistes qui y cherchent des proies faciles.

Bien sûr, François Hollande a raison ! Bien sûr il faut de la clarté, que les jeunes qui se battent pour y arriver, surtout les filles pour conquérir leurs libertés, soient totalement démarqués, par la Loi, de ceux qui ourdissent des attentats pour instaurer un monde totalitaire.

La loi doit leur permettre de n’avoir pas à se justifier chaque jour …

La loi fondamentale doit dire qu’entre les jeunes nés en France de parents étrangers qui s’investissent dans leur travail et/ou leurs études et  adhèrent aux valeurs de la République et les djihadistes, il y a une vraie différence,  matérialisée  par la sanction de déchéance de  la nationalité française.

 

* Étude sur la fonction parentale des États, Paris, Fayard, 1992.
* Étude sur le principe généalogique en Occident, Paris, Fayard, 1985;

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